Newsletter 4
Conférence de Valeur écologie sur le réchauffement climatique avec Pascal Légitimus et Jean-Marc Jancovici
Mercredi 4 novembre 2009 à l'Assemblée Nationale, Valeur écologie organisait une conférence sur le thème « oui, l'homme est bien responsable du réchauffement climatique » avec le comédien Pascal Légitimus, récemment nommé Ambassadeur de la campagne pour la lutte contre les changements climatiques auprès de la Commission Européenne, et Jean-Marc Jancovici, ingénieur et l'un des plus grands spécialistes français du réchauffement climatique.
Au moment où l'exécutif français tente d'entraîner le monde dans la lutte contre le réchauffement climatique, mais au moment aussi où Claude Allègre et quelques scientifiques ultra-minoritaires, servant de fait les lobbys les plus conservateurs, sèment le trouble sur cette question, la conférence organisée par Valeur écologie a rencontré un très vif succès avec la présence de près de 300 participants. A l'initiative de Serge Lepeltier et de François Grosdidier, Pascal Légitimus et Jean-Marc Jancovici ont donc pu débattre avec un auditoire dont le nombre et l’attention prouvent l’intérêt sans cesse croissant du grand public pour ces questions.
Pour Jean-Marc Jancovici, il y a urgence à agir car, s’il est trop tard pour modifier en profondeur l’évolution des températures pour les 30 prochaines années, nos comportements actuels, à l’échelon mondial, détermineront le climat des années 2040 et après. Serge Lepeltier a insisté sur le nécessaire effort pédagogique à intensifier pour expliquer ces enjeux aux Français, évoquant notamment la mauvaise perception que ceux-ci ont majoritairement de la taxe carbone. François Grosdidier a regretté que nombre de ses collègues parlementaires, notamment au sein même des groupes majoritaires de l’Assemblée Nationale et du Sénat, ne se saisissent pas suffisamment de ces questions toutes à la fois vitales pour l’avenir et porteuses de nouveaux développements économiques. Le nouveau président de Valeur écologie a insisté sur la possibilité de marier intelligemment écologie et croissance économique.En conclusion des interventions et avant le débat avec la salle, Pascal Légitimus a justifié son engagement en faveur de la lutte contre les changements climatiques par un attachement viscéral à la nature. Véritable adepte du bio et des gestes quotidiens éco-responsables, l’ancien Inconnu a appelé les participants, pour la plus part convaincu il est vrai, à modifier en profondeur leurs comportements quotidiens.
La séance de questions-réponses a permis aux participants d’interpeller les conférenciers sur des sujets très divers, des énergies renouvelables à la nécessaire exemplarité de l’Etat et des collectivités locales, en passant par les nouveaux engagements des Etats-Unis post-Bush en faveur du climat ou, bien fatalement, par la taxe carbone.
La vie de Valeur écologie
François Grosdidier, nouveau président de Valeur écologie
Lors de la réunion du bureau du Comité Directeur de Valeur écologie, mercredi 4 novembre, Serge Lepeltier a proposé de transmettre la présidence de l’association à François Grosdidier, jusqu’à alors secrétaire général. François Grosdidier a donc été élu président de l’association à l’unanimité, Serge Lepeltier acceptant de devenir président d’honneur. Christian Decoq, ancien Député, succède à François Grosdidier comme secrétaire général. Une nouvelle trésorière a également été désignée : Marie-Louise Kuntz, conseillère régionale de Lorraine. Une équipe renforcée sera mise en place avant la fin de l’année avec notamment les arrivées de Lionnel Lucas, député des Alpes Maritimes, d’Yves Nicolin, député de la Loire, de Patrice Hernu, fondateur du réseau France Bleue, et de Satya Oblette, mannequin et ambassadeur de l’Unicef.
L'avis de Valeur écologie
3 questions à Pascal Légitimus, comédien, Ambassadeur de la campagne pour la lutte contre les changements climatiques auprès de la Commission européenne.
VE : vous avez récemment été nommé Ambassadeur de la campagne pour la lutte contre les changements climatiques auprès de la Commission Européenne en vue de la préparation du sommet de Copenhague. Comment avez-vous été choisi et pourquoi avez-vous accepté cette responsabilité ?
PL : je suis convaincu depuis très longtemps que nous devons respecter la nature, j’ai moi-même une vie très saine et j’adopte le maximum de gestes responsables. J’ai commencé à trier mes déchets longtemps avant que l’on nous mette des containers adaptés à disposition. En juin dernier, j’ai été contacté par une agence de communication qui cherchait des personnes connues pour sensibiliser le grand public au réchauffement climatique en vue du sommet de Copenhague. J’ai accepté et ce à titre tout à fait gratuit. Si je peux mettre ma modeste notoriété au service d’un engagement juste et nécessaire pour notre avenir, j’en suis très heureux. Je ne suis pas un spécialiste scientifique du sujet mais je m’informe au maximum et tout ce que je découvre est abominable. L’explosion des cancers ces dernières années, notamment ceux des enfants, est effrayante. Ce que l’on mange et ce que l’on respire en sont directement responsables, il faut le dire. Alors oui ca vaut le coup de s’engager !
VE : quel est plus concrètement votre rôle en tant qu’ Ambassadeur de la campagne pour la lutte contre les changements climatiques ? Quels sont les publics que vous considérez comme prioritaires ?
PL : j’ai d’abord un accès aux médias plus facile que des spécialistes de la question, je peux donc profiter des interviews dans la presse pour passer des messages de sensibilisation. Mon rôle est ainsi, notamment, de multiplier les interventions sur ce sujet dans la presse. Je crois qu’il faut s’adresser au grand public mais que les enfants sont une cible plus encore prioritaire. Les adultes modifient souvent leurs comportements sur la pression de leurs enfants. De plus, si les jeunes adoptent des attitudes et des gestes responsables pour l’environnement, ils les garderont toute leur vie. Je crois qu’il faut encourager les adultes comme les enfants à s’intéresser à ces questions car c’est notre avenir collectif et la santé de chacun qui est menacé si nous ne faisons rien !
VE : vous avez participé au colloque organisé mercredi 4 novembre par Valeur écologie à l’Assemblée Nationale. Vous avez évoqué l’attitude des responsables politiques, les parlementaires notamment, au regard des questions liées au réchauffement climatique, qu’en pensez-vous précisément ?
PL : j’ai constaté que les hommes politiques comme les journalistes politiques connaissaient souvent plus la politique en tant que telle que le fonds des sujets. On assiste souvent à des dialogues dans les médias entre des politiques et des journalistes qui évoquent des sujets de fonds que ni les uns ni les autres ne maîtrisent. C’est assez grave pour des sujets aussi sérieux que l’environnement et plus particulièrement le réchauffement climatique qui sont des enjeux vitaux pour notre avenir et plus encore celui de nos enfants et petits-enfants. Je sais que de nombreux élus de tout bord considèrent encore l’environnement comme une préoccupation secondaire. J’ai été très heureux de rencontrer à Valeur écologie des élus qui ont une réelle sensibilité et une réelle connaissance de ces sujets. Je souhaite bon courage à François Grosdidier, le nouveau président de Valeur écologie, dans sa croisade pour sensibiliser ses collègues !
|