Valeur écologie
Les invités et les
petits-déjeuners

Brèves

Article de l'Express du 22 juin 2012 / Mathilde Cesbron

 ECOLOGIE - L'intervention de François Hollande au sommet de Rio "manquait de souffle", a affirmé François Grosdidier, sénateur UMP de Moselle. Le changement de ministre de l'Economie ne rassure pas non plus les écologistes.

 François Hollande avait défendu la place de l'écologie dans sa campagne présidentielle. A peine deux mois après son élection, le chef de l'Etat semble avoir oublié ses ambitions. En témoignent son passage discret au sommet de Rio et le remaniement qui vient de toucher le ministère de l'Ecologie. 

Peu avant son élection en mai dernier, François Hollande avait insisté pour que l'écologie, durant son mandat, ait "une feuille de route précise". Il s'était également engagé à "procéder dès le début du quinquennat à un examen systématique de l'ensemble des dispositions défavorables à l'environnement". Enfin, son accord avec les Verts sur certains thèmes phares de l'écologie, malgré une absence d'entente sur le nucléaire, avait permis de placer le souci de la planète parmi les sujets importants de la campagne présidentielle.  


 Un mois après, les bonnes résolutions de François Hollande semblent appartenir au passé. Le chef de l'Etat n'a pas su tenir une ligne claire au sommet Rio+20 et le récent remaniement ne présage rien de bon pour le ministère de l'Ecologie trop souvent laissé dans l'ombre. 

"Manque de souffle"

Le président de la République s'est montré sur la réserve en conférence de presse mercredi lors du sommet Rio+20. Ne sachant sur quel pied danser, François Hollande a salué des avancées "sur la préservation des océans" et "sur l'économie verte" tout en soulignant une "étape insuffisante" sur l'accord à l'arraché conclu sur le développement durable. 

 La droite n'a pas laissé passer une occasion de critiquer le chef de l'Etat. François Grosdidier, Président de Valeur écologie, un think-tank de droite, est très sévère sur le rôle de François Hollande lors du sommet de Rio mercredi. Le sénateur UMP de Moselle affirme que le chef de l'Etat a clairement "oublié les ambitions environnementales de la France". 

"Son intervention manquait de souffle. Le président doit porter haut et fort la voix de la France et entraîner la communauté. Il n'a pas eu ce rôle", juge-t-il.  

L'élu jure que l'écologie était mieux représentée sous les précédents gouvernements de droite. "Sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, la voix de la France a porté et montré le cap, tant sur la scène nationale qu'internationale ", explique-t-il, soulignant le discours "décalé" de François Hollande lors du sommet de Rio. C'est quand même oublier que Nicolas Sarkozy a largement méprisé le sujet dans les derniers mois de son quiquennat. 



Eviction de Bricq: un mauvais présage?

Autre mauvais signe, le sort réservé au ministère de l'Environnement lors du traditionnel remaniement ministériel post-législatives.  

La ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq, a été priée de quitter son poste pour endosser la fonction de ministre du Commerce extérieur. Cette "éviction" ne plaît pas aux Verts, en particulier à Jean-Vincent Placé. Légèrement échaudé ce matin sur Europe 1, le sénateur EELV s'interroge sur ce "drôle de message" envoyé aux écologistes. Il estime que c'est "un bémol" au remaniement. Interrogé par L'Express, l'élu des Verts demande des explications à ce départ inattendu. 

Chantal Jouanno, elle aussi, voit en cette éviction une mauvaise nouvelle et "une trahison des principes écologiques", regrettant que la ministre de l'écologie déchue ait été victime de ses prises de position sur le forage en Guyane. Elle s'était opposée à des autorisations de forage, s'attirant le soutien des ONG. Cette prise de position n'a peut-être pas plu à Matignon qui l'a remplacée par Delphine Batho. 

Quant à Nicolas Hulot, il constate dans une interview au Nouvel Observateur que "le Ministère de l'Ecologie est passé du premier rang avec Jean-Louis Borloo au neuvième avec Nicole Bricq".  


"Pas de liberté de vote"

 
Même si les militants écologistes n'ont "aucun préjugé et attendent de voir", cette nomination n'est pas un bon signe.  

Pour François Grosdidier, le plus inquiétant n'est pas de voir Nicole Bricq remplacée, mais de constater une absence d'élus écologistes à des postes cruciaux comme celui de l'Ecologie. "Les Verts sont discrédités en n'ayant pas l'un des leurs à la tête du ministère de l'Ecologie", remarque-t-il

Enfin, à tout cela s'ajoute la récente déclaration dAlain Vidalies. Le ministre des Relations avec le Parlement a déclaré qu'étant associés au gouvernement, les écologistes d'EELV auraient à l'Assemblée "la liberté d'expression, mais pas la liberté de vote". Une déclaration qui a fait beaucoup de bruit parmi les écologistes. Néanmoins, mesurant "l'ampleur de la tâche", les Verts ne deséspèrent pas de "peser sur les grands enjeux énergétiques", a assuré Jean-Vincent Placé. 

L'écologie bénéficie peut-être d'un groupe à l'Assemblée et d'un autre au Sénat, ainsi que de deux ministres Verts dans le gouvernement, mais le sujet ne parvient visiblement pas à trouver sa place dans le début du mandat de François Hollande.  





















Réaction du 25/09/2012

Presque 13 ans après les faits, la Cour de cassation par une sage décision confirme le principe de Pollueur – Payeur.

Coupable et responsable. Toutes les condamnations pénales prononcées en 2010 dans l'affaire du naufrage de l'Erika sont validées.

La Cour alourdit encore la condamnation de la cour d'appel en estimant Total également civilement responsable de la catastrophe, validant ainsi les dommages et intérêts déjà payés par le pétrolier, et le condamnant à « réparer les conséquences du dommage solidairement avec ses coprévenus d'ores et déjà condamnés », sans oublier les dommages et intérêts.

Inscrit dans la Constitution depuis l’adoption en  de la Charte de l’Environnement, le principe de Pollueur – Payeur devait connaître encore une application effective par les tribunaux. C’est désormais chose faite par la plus haute de nos juridictions.

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Valeur écologie participera pour la 4ème année à toutes les délibérations, discussions et réunions du Prix Energies Citoyennes avec l'AMF, Le Comité 21, Fonaterra, Les Maires des grandes villes, Les Echos, La gazette des communes....

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Article de presse La Lettre A du 07/03/2013

Valeur écologie redore son blason

Opération séduction pour le président du think-tank de droite Valeur écologie ...

(Lire la suite sur le site de La Lettre A / lalettrea.fr)

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PARIS (Reuters), 5 juin 2013 - La ministre de l'Energie, Delphine Batho, a exclu mercredi toute modification de la loi interdisant la fracturation hydraulique qui rend impossible l'exploitation en France du gaz de schiste.

"Il ne faut pas assouplir la loi sur la fracturation hydraulique", a déclaré Delphine Batho sur RMC et BFMTV, en déplorant les "dégâts environnementaux" provoqués aux Etats-Unis par l'exploitation du gaz de schiste.

Le Conseil d'Etat examine une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée en avril par la société pétrolière américaine Schuepbach Energy pour contester la loi française du 13 juillet 2011.

Les compagnies pétrolières et le patronat français critiquent la loi française qui empêche, selon eux, d'exploiter un filon prometteur.

"Il faut évidemment permettre la recherche", a déclaré mercredi la présidente du Medef, Laurence Parisot, opposée à Delphine Batho lors d'un débat sur RMC et BFMTV.

"Nous empêchons de considérer une ressource qui pourrait tout changer", a-t-elle ajouté. "Si la technique est correctement mise en place, l'utilisation est sans risque".

Source: Patrick Vignal



 

Conférence du GIEC avec Jean JOUZEL

« Après la conférence du GIEC, quels engagements concrets pour la France ? »

Serge LEPELTIER :

Aujourd'hui, ce que nous avons voulu faire, c'est parler des suites de la conférence du GIEC. J'ai demandé à Jean JOUZEL d'être là pour dire quelles sont les conclusions du GIEC et qu'on essaye de voir ensemble, maintenant, quelles actions nous pouvons mener ou promouvoir sur le climat, compte tenu des confirmations que nous avons du GIEC.


On part aujourd'hui de ce rapport du GIEC et Jean JOUZEL a bien voulu venir nous en dire quelques mots. Je crois que le mot qui le qualifie le mieux, c'est géochimiste, en tout cas sa formation en chimie est de très très grande qualité, c'est lui qui a été le premier quasiment à faire le lien entre la concentration de gaz carbonique et la notion de réchauffement climatique, il est aujourd'hui l'un des grands dans ce domaine, il préside l'institut Pierre Simon Laplace depuis 2001, on s'était rencontré début 1999, je travaillais sur un rapport sur les émissions de gaz à effet de serre, la tempête n'était pas encore arrivée et donc ça n'intéressait pas beaucoup de monde alors, mais au CEA on s'y intéressait déjà beaucoup et il m'avait montré les fameuses carottes où tout est dedans même les petites bulles d'air qui ont 200 ou 300 000 ans. C'est fabuleux à regarder et à imaginer, vous avez été celui qui a fait faire un bond considérable et encore aujourd'hui à la connaissance dans ce domaine.

Je vous laisse la parole et puis je reviendrai aux solutions que j'imagine pour répondre aux catastrophes qu'ils nous annoncent mais après tout on est bien obligé d'en tenir compte.


Jean JOUZEL :

Bonjour et merci Serge pour cette invitation, oui c'est vrai j'ai un très bon souvenir de cette visite il y a 7 ans, c'était rare, aujourd'hui il n’y a plus d'interaction entre la communauté scientifique et la communauté politique en général.

Où en sommes-nous de l'activité climatique?

Le GIEC, de quoi parle-t-on?

Le fait que les activités humaines pourraient modifier notre climat est quelque chose qui a été avancé dès la fin 19ème siècle par ARENIUS après il ne s'est rien passé. Ce qui a vraiment fait démarrer les choses c'est l'avènement des ordinateurs et la possibilité de créer des modèles climatiques qui nous permettent dans ce cas là, des premières simulations du climat actuel, tout à fait correcte, et puis des simulations qui ont regardé ce que donnaient notre climat quand on doublait la quantité en gaz carbonique. C'est pour nous des références, on appelle ça la sensibilité du climat, c'était dans les années 70, ces travaux ont montré que si on doublait le gaz carbonique, on pouvait avoir des réchauffements compris entre 1,5° et 4,5° voire plus de 5°.

La communauté scientifique a commencé à prendre les choses au sérieux et à le dire, ce qui nous a pris un peu de temps. On a montré que cette relation entre effet de serre et climat dans le passé s'étend sur 800 000 ans alors qu’avant on était sur 150 000 ans. Tout cela a bien été confirmé, c'était en 1987, et tout cela a participé à une prise de conscience internationale; dans notre domaine c'est la création du programme de recherche mondiale sur le climat en 1979, de grands programmes comme Global change, idée qu'il fallait vraiment étudier le système terre et toutes les composantes. Je crois qu'on a réussi à faire passer le message qu'on avait un problème potentiel avec le rôle des activités humaines sur le climat et nos politiques ont compris qu'il y avait un problème : création de groupes de travail, l'IPCC groupe d'expert environnemental sur l'évolution du climat, ce groupe de travail marche bien : il a été créé par deux organismes des Nations Unies sous l'égide de l'UCUE, programme des Nations Unies pour l'environnement, et puis l'OMM, l'organisation météorologique mondiale qui ont toutes les deux des liens avec les Nations Unies et créées en 1988. La mission du GIEC est claire, faire un état des lieux sur l'ensemble des problèmes liés à l'évolution du climat, ça va aussi bien des aspects cliniques du climat et en suite tous les aspects socio économiques, impacts liés à la santé, l'économie elle-même, acceptabilité de mesures, ça va des médecins, aux sociologues, aux philosophes.


Pratiquement toutes les disciplines peuvent s'impliquer dans le GIEC c'est ce qui fait sa force. Il y a eu au départ 3 groupes de travail de créé, ensuite il y a eu trois rapports successifs, 1990, 1995 et 2001. Le diagnostic, c'est un diagnostic à étage, on fait des rapports assez gros, 11 chapitres, résumés techniques, puis on fait un résumé pour décideur, il est écrit de façon très simple car il doit être accessible par toutes les personnes qui s'intéressent au changement climatique. Il est destiné également au monde politique.

Le rôle du GIEC n'est pas de dire voilà ce qu'il faut faire, toutefois le GIEC se doit de répondre à des questions qui sont pertinentes, de façon neutre, si vous faites ça voilà ce qui va arriver, et après c'est aux politiques de prendre ou de ne pas prendre les décisions, c'est leur choix et ça, ça se passe dans la convention climat mise en place en 1992 lors du sommet de la terre de Rio après le 1er rapport du GIEC et cette convention climat, ratifiée par tous les pays de la planète y compris les Etats-Unis, qui chaque année se réunit dans les conférence des parties, la plus emblématique est la 3ème, c'est celle où le protocole de Kyoto a été mis en place. On en est à la 12ème, la dernière c'était à Nairobi et cette année c'est à Bali. C'est un mécanisme qui fonctionne bien, l'idée que la communauté scientifique émet un diagnostic et que les politiques s'approprient le diagnostic est quelque chose qui fonctionne bien.

Pourquoi ça fonctionne bien? On met du temps à faire ces rapports. A Paris, pour le rapport du groupe 1, 4ème partie, on a approuvé la partie scientifique ; le groupe 2 sera approuvé à Bruxelles début Avril ; le groupe 3 à Bangkok début mai et ensuite il y a un rapport de synthèse qui sera approuvé à Valence en novembre et tout cela sera prêt pour la conférence des parties qui sera à Bali ou Java. 2007 sera une année où tous les aspects du climat seront couverts.

Je reviens au rapport scientifique : il y a un bureau de 30 personnes, en pratique aucun pays n'est représenté deux fois. Je suis membre du bureau du groupe 1 du groupe scientifique, nous sommes 8, avec deux vices présidents. On a commencé à travailler sur ce rapport scientifique pratiquement dès la fin du 3ème rapport. Le 1er choix c'est d'organiser le rapport, il faut bien organiser les chapitres parce qu'on a un peu changé la structure par rapport au précédent rapport, il y a beaucoup plus de données. Ensuite, il faut choisir les auteurs et ça c'est une force des rapports du GIEC, il y a vraiment les meilleurs scientifiques du domaine qui souhaitent participer : 150 auteurs du rapport, 700 candidatures présentées par les gouvernements, les organisations scientifiques. C'est très large, et il y a beaucoup d'enthousiasme de la part de la communauté scientifique pour participer aux rapports du GIEC.

On a 4 étapes de rédaction des chapitres : la 1ère on l'a fait circuler entre nous, la 2ème on l'a fait circuler dans la communauté externe scientifique; on reçoit des commentaires qui doivent être pris en compte à la séance d'écriture, on se réunit une fois tous les 6 mois, il y a quelqu'un qui vérifie qu’à chaque commentaire, une réponse a été apportée. Tout est accessible et transparent sur le site. La 1ère revue c'est la communauté scientifique, on arrive à la 3ème séance d'écriture, la 4ème il y a une revue qui transite par les gouvernements qui se retournent généralement vers leur comité scientifique si bien qu'on retrouve souvent les mêmes types de commentaires pris en compte. On arrive a un rapport qui a été déjà bien discuté par les gouvernements et on écrit un résumé technique à partir des grands chapitres et un résumé pour les décideurs d'une quinzaine de pages qui vient pour approbation, c'est ce qui s'est passé à Paris. Il y avait une centaine de pays représentés, il y a donc un processus d'approbation, c'est presque un processus d'appropriation, nous on vient avec un rapport qui est disponible, il est amélioré, il a été modifié dans sa forme mais pas dans le fond. Il y a beaucoup de discussions, mais c'est par consensus, tous les pays doivent dire oui, chaque phrase doit être approuvée complètement et s’il y a un opposant on cherche une formule qui convienne à tout le monde. On y arrive même avec des pays aux intérêts économiques divergents, ça marche. L'intérêt pour moi c'est que tous les gouvernements l'approuvent, ce sont eux qui vont le porter à la conférence des parties, c'est aussi ça la force du rapport, les gens ne le voient pas comme une faiblesse.

Qu'est ce qu'il y a dans ce rapport?

Il y a 4 grandes têtes de chapitres, notre 1er problème c'est la structure du rapport, comment évolue l'effet de serre, il y a diagnostic sur l'effet de serre ; le 2ème c'est l'évolution des températures ; le 3ème, est ce qu'il y a une relation de cause à effet ? ; le 4ème axe, c'est vers quoi on va?

Le 1er point est souvent passé sous silence. Vendredi matin il y avait 450 journalistes, et pas que des journalistes Français, j'étais vraiment impressionné. Dans ce rapport on a confirmé ce qu'on a dit dans les 3 précédents, il n'y a pas de scoop, pour nous c'est notre force. Le 1er point, l'effet de serre est un problème, il faut le stabiliser, comme le gaz carbonique est le 1er contributeur à l'effet de serre et qu'il a le mauvais goût de rester longtemps dans l'atmosphère, on ne peut pas stabiliser l'effet de serre sans stabiliser le gaz carbonique, c'est aussi simple que ça.

Pour tout éliminer de l'atmosphère, il faut des milliers d'années. Au bout de mille ans, on est toujours largement au-dessus des valeurs actuelles, si on veut tout éliminer, les derniers % restent très longtemps dans l'atmosphère. Le CO2 met à peu près un siècle à se concentrer dans l'atmosphère, ce qu'on constate aujourd'hui est largement dû à ce qui s'est passé il y a trente ans au niveau de l'industrie.

On avait des émissions de gaz carbonique en moyenne sur les 10 années précédentes qui étaient de 6,4 milliards de tonnes sur la planète, 1 tonne par an et par habitant, on a augmenté nos émissions entre 10 et 15% et je crois qu'en 2006 on est presque à 8 milliards de tonnes. Ca se ressent parce que l'augmentation des concentrations n'a jamais été aussi rapide. Pour le moment il y a de beaux discours mais l'action est loin d'être là.

Sur les observations le diagnostic est clair, le réchauffement est sans équivoque. Les 11 dernières années sont plus chaudes que toutes que toutes les précédentes, ce qui est nouveau par rapport au rapport précédent, c'est que ce réchauffement on le voit partout, tout ce qui bouge se réchauffe, la surface de l'océan, le niveau de la mer a augmenté d'une vingtaine de centimètres est clairement lié à l'extension thermique des océans qui résulte du réchauffement. L'enneigement en fin d'hiver est très claire, dans l'hémisphère nord, 30 millions de m2 enneigés, par rapport à il y a 30 ans, il y a près de 2 millions de m2 en moins d'enneigés à la fin de l'hiver, et à peu près 3 fois la surface de la France en moins de neige.

Il y a un réchauffement marqué évalué à ¾ de degrés sur les 100 dernières années et qui est deux fois plus rapide dans les régions de l'Arctique. Quand vous enlevez de la neige, vous enlevez les surfaces réfléchissantes, et vous remplissez ça par des surfaces absorbantes et la glace de mer qui diminue et tout cela sont des indices de réchauffement qui permettent de dire que le réchauffement est sans équivoque, la carte du réchauffement sur les 5 dernières années est similaire à la carte du réchauffement prévue au cours des prochaines décennies

Ya t-il relation de cause à effet? Le politique il n'y a que ça qui l'intéresse. Dans le 1er rapport on ne sait pas s’il y a une relation de cause à effet, c'est clairement dit. Dans le 2ème rapport, il y a un ensemble d'éléments qui suggèrent une influence perceptible de l'homme sur le climat, c'était en 1995 et ça a joué un rôle très important dans le protocole de Kyoto, phrase clé qui a permis qu'on relance la mécanique, le protocole s'est mis en place, c'est très clair. Il est probable que l'essentiel du réchauffement des 50 dernières années est lié à l'activité humaine.

Dans le 3ème rapport, on passe de probablement a très probablement, et c'est pour nous plus de 9 chances sur 10. Le diagnostic s'est amélioré, le fait d'accumuler des données facilite le diagnostic qui est beaucoup plus précis qu'il y a 5 ans sur cette attribution du réchauffement aux activités humaines.

Le 4ème point du rapport est ce vers quoi on va. La fourchette du réchauffement est 2100, la fin du 21ème siècle. Ensuite il faut voir qu'on s'appuie sur des scénarii qui couvrent largement l'ensemble des possibilités si aucune mesure n'est prise pour contrer l'effet de serre. Si on prend les mêmes scénarii qu'au 3ème rapport, la fourchette est un peu plus large, on s'est amélioré, on a une meilleure confiance dans les valeurs moyennes pour chacun des 6 scénarii…………..



Analyse de Serge LEPELTIER :

Quand je regarde aujourd’hui dans le cadre de la campagne électorale, mais aussi de façon générale, les comportements face à la problématique écologique, je faits deux constats :

- Premier constat : Il n’y a plus de débat sur le diagnostic et sur l’urgence à agir. 40 ans après René Dumont, la sensibilisation de la population est faîte. Beaucoup y ont contribué dont plus récemment Nicolas hulot. Après le pacte écologique, rien ne sera plus comme avant. A chaque décision, la question écologique sera posée.

- Deuxième constat : En fait il y a très peu d’éléments précis de programme. En tous cas il n’y a pas de programme de nature à répondre à l’enjeu.

Ma conviction est qu’il faut un véritable changement d’échelle dans les mesures à prendre.

Or, à ce niveau le débat n’a pas lieu.

Il faut donc un débat sur les solutions car il y a de véritables choix à faire. Les uns et les autres, nous n’avons pas les mêmes solutions. Il faut en débattre pour que la population, nos concitoyens, s’approprient ces choix.

La vraie question, aujourd’hui, c’est : Qu’est-ce qu’on fait ? Quelles sont les solutions ?

Si nous n’avons pas de débat sur les solutions, tout n’est qu’un écran de fumée.

L’opinion publique est sensibilisée. Mais il faut qu’elle se mobilise. Et elle ne peut se mobiliser que si elle pense qu’il y a des solutions.

Or, on a trop souvent rejeté l’écologie vers l’impossible :
Cf. René Dumont : Il ne faut plus de voitures privées
Il ne faut plus d’allocations familiales.

Il nous faut donc faire passer l’écologie de l’univers de l’impossible vers l’univers du possible. Pour cela, il nous faut donner des perspectives aux solutions.

Le fondement de ces solutions est un changement d’échelle avec deux axes d’action :

- Les secteurs en priorité sont les transports et le bâtiment.

- Les outils utilisés doivent l’être dans le cadre d’une économie de marché.


1- Normes et incitations :

Transports : Objectif 120 Grammes/km parcouru puis 100 Grammes pour les voitures. Etablir une norme pour les camions.
Limitation vitesse sur autoroute à 11O Kms/Heure.

Bâtiment : Neuf à moins de 50 KW /H/m2
Ancien : Quand changement de propriétaire, crédit d’impôt pour mise aux normes.

2- Modulation des taxes :

Moduler les taxes en fonction de l’impact environnemental. La voiture propre au regard des émissions de CO2 avec un taux de TVA réduit. La rupture entre taux de TVA normal et taux réduit pourrait se faire à 100 grammes d’émissions de CO2.

3- Système des quotas d’émissions :

Il y a des évolutions fortes à faire.

# Il faut élargir le système à d’autres secteurs. Aujourd’hui, il concerne essentiellement l’industrie. Or, l’enjeu porte sur les transports et le bâtiment. Il faut l’élargir à ces secteurs.

# Il faut l’élargir géographiquement. Naturellement aux Etats-Unis et aux pays émergents.

3 Modifications de la directive européenne à effectuer :

# Les quotas doivent s’appliquer aux importations
# Les quotas doivent être proportionnés à la production
# L’attribution des quotas doit être rationnalisée et ne plus relever d’une sorte de marchandage de tapis entre la Commission Européenne et les Etats.




Francois grosdidier

FRANCOIS GROSDIDIER

Président du Think Tank Valeur écologie, Sénateur-Maire de la Moselle


Les menaces qui pèsent sur la santé et l'environnement, le climat et la biodiversité, concernent tous les citoyens et tous les responsables. L'écologie n'est ni de gauche, ni de droite. Les deux plus graves catastrophes écologiques, Tchernobyl et la mer d'Aral, sont le résultat du collectivisme, pas du capitalisme. Cela n'empêche pas les Etats-Unis et et leur modèle d'avoir une responsabilité écrasante dans le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources naturelles. Si l'écologie n'appartient pas à la droite, elle répond cependant à des principes de la droite dont je me revendique: -la notion de responsabilité, individuelle comme collective, identifiée et assumée et, le cas échéant récompensée ou sanctionnée. -l'idée conservatrice au sens noble, c'est à dire la conscience du devoir de léguer à nos descendants le patrimoine que nous ont légués nos ascendants.

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