Valeur écologie
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Brèves

Article de l'Express du 22 juin 2012 / Mathilde Cesbron

 ECOLOGIE - L'intervention de François Hollande au sommet de Rio "manquait de souffle", a affirmé François Grosdidier, sénateur UMP de Moselle. Le changement de ministre de l'Economie ne rassure pas non plus les écologistes.

 François Hollande avait défendu la place de l'écologie dans sa campagne présidentielle. A peine deux mois après son élection, le chef de l'Etat semble avoir oublié ses ambitions. En témoignent son passage discret au sommet de Rio et le remaniement qui vient de toucher le ministère de l'Ecologie. 

Peu avant son élection en mai dernier, François Hollande avait insisté pour que l'écologie, durant son mandat, ait "une feuille de route précise". Il s'était également engagé à "procéder dès le début du quinquennat à un examen systématique de l'ensemble des dispositions défavorables à l'environnement". Enfin, son accord avec les Verts sur certains thèmes phares de l'écologie, malgré une absence d'entente sur le nucléaire, avait permis de placer le souci de la planète parmi les sujets importants de la campagne présidentielle.  


 Un mois après, les bonnes résolutions de François Hollande semblent appartenir au passé. Le chef de l'Etat n'a pas su tenir une ligne claire au sommet Rio+20 et le récent remaniement ne présage rien de bon pour le ministère de l'Ecologie trop souvent laissé dans l'ombre. 

"Manque de souffle"

Le président de la République s'est montré sur la réserve en conférence de presse mercredi lors du sommet Rio+20. Ne sachant sur quel pied danser, François Hollande a salué des avancées "sur la préservation des océans" et "sur l'économie verte" tout en soulignant une "étape insuffisante" sur l'accord à l'arraché conclu sur le développement durable. 

 La droite n'a pas laissé passer une occasion de critiquer le chef de l'Etat. François Grosdidier, Président de Valeur écologie, un think-tank de droite, est très sévère sur le rôle de François Hollande lors du sommet de Rio mercredi. Le sénateur UMP de Moselle affirme que le chef de l'Etat a clairement "oublié les ambitions environnementales de la France". 

"Son intervention manquait de souffle. Le président doit porter haut et fort la voix de la France et entraîner la communauté. Il n'a pas eu ce rôle", juge-t-il.  

L'élu jure que l'écologie était mieux représentée sous les précédents gouvernements de droite. "Sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, la voix de la France a porté et montré le cap, tant sur la scène nationale qu'internationale ", explique-t-il, soulignant le discours "décalé" de François Hollande lors du sommet de Rio. C'est quand même oublier que Nicolas Sarkozy a largement méprisé le sujet dans les derniers mois de son quiquennat. 



Eviction de Bricq: un mauvais présage?

Autre mauvais signe, le sort réservé au ministère de l'Environnement lors du traditionnel remaniement ministériel post-législatives.  

La ministre de l'Ecologie, Nicole Bricq, a été priée de quitter son poste pour endosser la fonction de ministre du Commerce extérieur. Cette "éviction" ne plaît pas aux Verts, en particulier à Jean-Vincent Placé. Légèrement échaudé ce matin sur Europe 1, le sénateur EELV s'interroge sur ce "drôle de message" envoyé aux écologistes. Il estime que c'est "un bémol" au remaniement. Interrogé par L'Express, l'élu des Verts demande des explications à ce départ inattendu. 

Chantal Jouanno, elle aussi, voit en cette éviction une mauvaise nouvelle et "une trahison des principes écologiques", regrettant que la ministre de l'écologie déchue ait été victime de ses prises de position sur le forage en Guyane. Elle s'était opposée à des autorisations de forage, s'attirant le soutien des ONG. Cette prise de position n'a peut-être pas plu à Matignon qui l'a remplacée par Delphine Batho. 

Quant à Nicolas Hulot, il constate dans une interview au Nouvel Observateur que "le Ministère de l'Ecologie est passé du premier rang avec Jean-Louis Borloo au neuvième avec Nicole Bricq".  


"Pas de liberté de vote"

 
Même si les militants écologistes n'ont "aucun préjugé et attendent de voir", cette nomination n'est pas un bon signe.  

Pour François Grosdidier, le plus inquiétant n'est pas de voir Nicole Bricq remplacée, mais de constater une absence d'élus écologistes à des postes cruciaux comme celui de l'Ecologie. "Les Verts sont discrédités en n'ayant pas l'un des leurs à la tête du ministère de l'Ecologie", remarque-t-il

Enfin, à tout cela s'ajoute la récente déclaration dAlain Vidalies. Le ministre des Relations avec le Parlement a déclaré qu'étant associés au gouvernement, les écologistes d'EELV auraient à l'Assemblée "la liberté d'expression, mais pas la liberté de vote". Une déclaration qui a fait beaucoup de bruit parmi les écologistes. Néanmoins, mesurant "l'ampleur de la tâche", les Verts ne deséspèrent pas de "peser sur les grands enjeux énergétiques", a assuré Jean-Vincent Placé. 

L'écologie bénéficie peut-être d'un groupe à l'Assemblée et d'un autre au Sénat, ainsi que de deux ministres Verts dans le gouvernement, mais le sujet ne parvient visiblement pas à trouver sa place dans le début du mandat de François Hollande.  





















Réaction du 25/09/2012

Presque 13 ans après les faits, la Cour de cassation par une sage décision confirme le principe de Pollueur – Payeur.

Coupable et responsable. Toutes les condamnations pénales prononcées en 2010 dans l'affaire du naufrage de l'Erika sont validées.

La Cour alourdit encore la condamnation de la cour d'appel en estimant Total également civilement responsable de la catastrophe, validant ainsi les dommages et intérêts déjà payés par le pétrolier, et le condamnant à « réparer les conséquences du dommage solidairement avec ses coprévenus d'ores et déjà condamnés », sans oublier les dommages et intérêts.

Inscrit dans la Constitution depuis l’adoption en  de la Charte de l’Environnement, le principe de Pollueur – Payeur devait connaître encore une application effective par les tribunaux. C’est désormais chose faite par la plus haute de nos juridictions.

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Valeur écologie participera pour la 4ème année à toutes les délibérations, discussions et réunions du Prix Energies Citoyennes avec l'AMF, Le Comité 21, Fonaterra, Les Maires des grandes villes, Les Echos, La gazette des communes....

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Article de presse La Lettre A du 07/03/2013

Valeur écologie redore son blason

Opération séduction pour le président du think-tank de droite Valeur écologie ...

(Lire la suite sur le site de La Lettre A / lalettrea.fr)

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PARIS (Reuters), 5 juin 2013 - La ministre de l'Energie, Delphine Batho, a exclu mercredi toute modification de la loi interdisant la fracturation hydraulique qui rend impossible l'exploitation en France du gaz de schiste.

"Il ne faut pas assouplir la loi sur la fracturation hydraulique", a déclaré Delphine Batho sur RMC et BFMTV, en déplorant les "dégâts environnementaux" provoqués aux Etats-Unis par l'exploitation du gaz de schiste.

Le Conseil d'Etat examine une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déposée en avril par la société pétrolière américaine Schuepbach Energy pour contester la loi française du 13 juillet 2011.

Les compagnies pétrolières et le patronat français critiquent la loi française qui empêche, selon eux, d'exploiter un filon prometteur.

"Il faut évidemment permettre la recherche", a déclaré mercredi la présidente du Medef, Laurence Parisot, opposée à Delphine Batho lors d'un débat sur RMC et BFMTV.

"Nous empêchons de considérer une ressource qui pourrait tout changer", a-t-elle ajouté. "Si la technique est correctement mise en place, l'utilisation est sans risque".

Source: Patrick Vignal



 

Dossier : la déforestation

Notes sur la déforestation




Rappel définition

La déforestation est l'action de déboisement et de défrichement de surfaces forestières, sans préoccupation du renouvellement de ces forêts. La déforestation aboutit à une énorme perte de surface forestière dans le monde.

Les forêts primaires sont détruites principalement :

• pour étendre les surfaces agricoles

• pour exploiter des essences forestières

• pour accroître l'urbanisation

Chaque année, l'équivalent d'un tiers de la surface de la France, soit environ 17 millions d’hectares de forêts sont coupées dans le monde.

Uniquement sur la période 2003-2004, 26 130 km² de végétation de la forêt amazonienne, soit 20% de sa surface totale, ont disparu.

Selon l'organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), l'Amérique du Sud a vu 4,3 millions d'hectares de forêts détruits tous les ans entre 2000 et 2005. L'Afrique a quant à elle déboisé 4 millions d'hectares sur les mêmes périodes.

L'Asie a coupé 800 000 hectares de forêts par an dans les années 1990, mais a mis en place un programme de reboisement, notamment en Chine, qui augmente la surface forestière d'un million d'hectares par an.

Les forêts primaires (sans signe d'activité humaine), représentent 36 % de la superficie forestière totale, mais disparaissent à un rythme effréné de 6 millions d'hectares par an.

La déforestation d'une telle ampleur est une catastrophe écologique mondiale, avec pour vitrine Amazonie :

• la destruction de l'habitat de la biodiversité : la forêt amazonienne est un conservatoire de la biodiversité, car elle abrite 30 % des espèces de la planète. La faune et la flore qui vivent dans ces forêts sont détruites avec leur habitat. La déforestation est responsable de la menace et de l'extinction de nombreuses espèces.

• la forêt est un régulateur de la température de la planète. La détruire accentue le phénomène du réchauffement climatique. Selon le WWF, "elle stocke une grande quantité de CO2, et constitue une source d'eau douce primordiale, régulant les grands courants maritimes impliqués dans l'équilibre climatique mondial".

• 50 à 100 millions de tonnes de CO2 supplémentaires seraient rejetés dans l'atmosphère à cause de la déforestation de l'Amazonie, ce qui accentuerait encore plus le réchauffement climatique.

• la déforestation entraîne au final une baisse des précipitations en Amazonie, qui pourrait aboutir à la perte de 60% de la forêt amazonienne d'ici 2030.

La lutte contre la déforestation doit être intégrée à une démarche de développement durable globale : elle nécessite une implication forte des gouvernements des pays concernés, le contrôle de la déforestation, la lutte contre le trafic d'essences précieuses, la régulation de l'agriculture intensive, la protection de la biodiversité, ainsi que la sensibilisation des populations aux conséquences graves de la déforestation.





Le rythme de déforestation a reculé au cours des dix dernières années dans le monde à l'occasion de la présentation de son rapport quinquennal sur la situation forestière. Les forêts couvrent aujourd'hui un peu plus de 4 milliards d'hectares soit 31% de la superficie émergée de la planète. Plus de la moitié est concentrée dans cinq pays : la fédération de Russie, Brésil, Canada, États-Unis et Chine. Selon l'étude portant sur la période 2000-2010, 13 millions d'hectares de forêt ont disparu par an, contre 16 millions d'hectares par an dans les années 1990. La perte nette annuelle a représenté 5,2 millions d'hectares dans les années 2000 - soit l'équivalent de la surface du Costa Rica - contre 8,3 millions lors de la précédente décennie.



Ce recul de la déforestation s'explique par les progrès réalisés dans la gestion durable des forêts mis en place par les Etats. La présence d'institutions forestières plus fortes et les réformes des politiques et des structures y sont pour beaucoup, souligne la FAO. Depuis 2000, 76 pays ont ainsi formulé ou actualisé leurs politiques forestières et 69 pays - pour l'essentiel en Europe et en Afrique - ont promulgué des lois forestières ou amendé leurs législations depuis 2005. Les efforts menés contre la déforestation par des pays comme l'Indonésie et le Brésil ont aussi aidé à inverser la tendance.



''Pour la première fois, nous sommes en mesure de montrer que le taux de déforestation a décru à travers le monde en conséquence des efforts menés à la fois aux niveaux local et international'', a déclaré Eduardo Rojas, directeur adjoint du département Forêts à la FAO. ''Les pays ont non seulement amélioré leurs politiques et législations forestières, mais ils ont aussi assigné l'utilisation de forêts aux communautés locales et aux populations autochtones, ainsi qu'à la conservation de la biodiversité et autres fonctions environnementales'', a-t-il précisé. La proportion des forêts dans les parcs nationaux et autres espaces protégés a ainsi progressé de 13%, en hausse de 94 millions d'hectares depuis 1990.



Si en Amérique centrale et du Nord, la surface boisée est restée relativement stable, elle continue de s'étendre en Europe, mais à un rythme toutefois ''plus lent'' que dans les années 90. La superficie forestière en Asie s'est également accrue d'environ 2,2 millions d'hectares par an entre 2000 et 2010, grâce aux programmes de boisements entrepris en Chine, en Inde et au Vietnam. En Asie du Sud Est, le rythme de déforestation en Indonésie est également passé de 1,9 million d'hectares par an dans les années 1990 à 0,5 million dans les années 2000, selon le rapport.



En revanche, l'Amérique du Sud et l'Afrique ont accusé les plus fortes pertes nettes de forêts entre 2000 et 2010, avec respectivement 4 et 3,4 millions d'ha par an, en dépit d'un rythme de déforestation ralenti notamment au Brésil - qui abrite la forêt amazonienne - qui est passé de 2,9 millions d'hectares de forêts détruits par an à 2,6 millions. La situation continue d'être alarmante en République Démocratique du Congo (RDC), où se situent les deux tiers de la seconde forêt tropicale de la planète. La FAO observe également des pertes nettes annuelles de forêt pour l'Océanie, dues en partie aux graves sécheresses qui ont frappé l'Australie depuis 2000.



Stock carbone



Les forêts couvrent aujourd'hui plus de quatre milliards d'hectares. Elles renferment 289 gigatonnes de carbone, ''soit une quantité supérieure à celle présente dans l'atmosphère''. A l'échelle mondiale, les stocks de carbone dans la biomasse forestière ont reculé d'environ 0,5 Gt par an durant la période 2000-2010, due essentiellement à la réduction de la superficie boisée totale. Mette Loyche Wilkie, coordinatrice du rapport de la FAO, a rappelé le rôle majeur que jouent les forêts dans l'atténuation des changements climatiques pour souligner la nécessité de la mise en application de mesures ''efficaces et permanentes'' contre la déforestation. Elle a également prévenu que les programmes de reforestation entrepris en Chine, en Inde et au Vietnam, qui représentent une part importante des gains constatés depuis 2000, pourraient s'achever en 2020. ''Sans intervention de ce type, nous risquons un retour soudain à de forts taux de perte nette des forêts et d'émission de carbone, comme c'était le cas dans les années 1990'', a-t-elle alerté appelant les gouvernements à poursuivre leurs efforts.





Article paru dans Le Monde 25 mars 2010



La déforestation recule mais reste très préoccupante

"La forêt est en danger", avait averti, mercredi 10 mars, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, à la veille d'une conférence ministérielle internationale sur le rôle des grands bassins forestiers - Amazonie, Congo, Indonésie - dans la lutte contre le changement climatique. Car l'urgence à réduire la déforestation se fait d'autant plus pressante que les forêts jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat de la planète. La FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) publie aujourd'hui son dernier rapport sur ce "poumon vert" ("Evaluation des ressources forestières mondiales 2010"), à partir de données portant sur 233 pays et territoires. L'occasion de faire le point sur la déforestation.

Quel est l'état de la déforestation aujourd'hui ?

Environ 13 millions d'hectares de forêts ont été coupés chaque année dans le monde de 2000 à 2010 contre 16 millions d'hectares par an dans les années 1990. Le Brésil et l'Indonésie, qui ont accusé la plus forte perte de forêts dans les années 90, ont vu leurs taux de déforestation considérablement baisser : 2,6 millions d'hectares par an durant les dix dernières années contre 2,9 millions dans les années 90 pour le Brésil et 0,5 contre 1,9 million d'hectares par an pour l'Indonésie.

Comment expliquer cette diminution du rythme de la déforestation ?

Certains pays ont mis en place des programmes de reboisement. C'est le cas de la Chine, de l'Inde, des Etats-Unis ou du Vietnam qui, par leurs législations, associées à une expansion naturelle des forêts dans certaines régions, ont provoqué un gain de plus de 7 millions d'hectares de nouvelles forêts chaque année.

Quelles sont les zones les plus touchées par la déforestation ?

Dans de nombreux pays, les arbres sont coupés ou brûlés plus vite que le rythme de régénération ou de replantation. L'Amérique du Sud et l'Afrique ont accusé les plus fortes pertes annuelles de forêts entre 2000 et 2010 (respectivement 4 millions et 3,4 millions d'hectares par an). L'Océanie a aussi été durement touchée, notamment en raison des graves sécheresses qui ont frappé l'Australie depuis 2000.

Quelles sont les causes de ce phénomène ?

L'exploitation forestière, l'agriculture et l'élevage sont les principaux responsables du déboisement. Sur tous les continents, ce sont les productions de soja, canne à sucre, caoutchouc, café, thé, cacao ou encore tabac qui déciment les forêts. L'exploitation minière de métaux et de minéraux précieux constitue aussi une cause majeure de déboisement, de même que l'extraction du pétrole et du gaz puisque de vastes étendues de forêt sont régulièrement endommagées par les forages et la pose de pipelines. Enfin, les feux, insectes et maladies créent des dégâts croissants dans certains pays. Durant la dernière décennie, les forêts ont également payé un lourd tribut aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que tempêtes, blizzards et séismes.

Quel est l'impact des forêts sur le climat ?

Les forêts constituent un immense puits de carbone : elles emmagasinent près de 290 gigatonnes de carbone dans les arbres et la végétation. Lorsqu'une forêt est abattue et convertie à d'autres utilisations, le carbone qu'elle stocke est alors relâché dans l'atmosphère augmentant l'effet de serre et le réchauffement de la planète. L'abattage, la combustion et la décomposition des arbres représentent ainsi environ 20% du dioxyde de carbone rejeté dans l'atmosphère, soit autant que l'ensemble des émissions de gaz à effet de serre des transports. C'est cette déforestation massive qui a notamment fait de l'Indonésie et du Brésil quelques-uns des plus gros émetteurs de CO2 de la planète.

Quelles mesures ont été prises pour lutter contre la déforestation ?

Le programme REDD (programme des Nations unies pour la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts) prévoit de réduire de moitié la destruction des forêts des pays en développement à l'horizon 2020 en attribuant aux forêts une valeur financière fondée sur leur capacité de stockage de carbone. Ce plan pourrait être financé soit par l'aide des pays riches, soit par le commerce de permis d'émission de CO2 : les pays n'ayant pas atteint leur plafond d'émissions pourraient revendre leur "surplus" aux autres. L'ONU estime ainsi que le REDD pourrait générer plus de 30 milliards de dollars (environ 20 milliards d'euros) par an pour la protection de la forêt dans une quarantaine de pays tropicaux.

Certains labels indiquent aussi une bonne gestion des forêts, comme le Forest Stewardship Council (FSC), mis au point par le WWF. Une gestion durable des forêts consiste à interdire la coupe des forêts anciennes, réservoir essentiel de la biodiversité, et de limiter la coupe aux arbres issus de forêts gérées à cet effet.

Article paru dans Le Figaro 22 avril 2010

• La forêt, enjeu majeur du changement climatique

La déforestation représente 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Dans la lutte contre le changement climatique, la protection de la forêt est essentielle. La déforestation représente en effet 20 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

La conférence réunie ce jeudi par la France et la Norvège à Paris, a pour objectif de concrétiser les engagements pris lors du sommet de Copenhague en décembre dernier sur ce dossier. Les pays développés se sont en effet engagés à verser 30 milliards de dollars sur la période 2010-2012 afin d'aider les pays en développement à financer les mesures d'adaptation au réchauffement climatique, dont 20 % pour lutter contre la déforestation. La part de la France s'élève à 83 millions.

Des représentants d'une soixantaine de pays se retrouvent donc autour de la table, dont les émissaires des trois grands bassins forestiers mondiaux qui se trouvent en Asie, dans le bassin du Congo et en Amazonie.

Un grand «fonds vert» 

«Tous les ans, la déforestation couvre un territoire de la taille de la forêt française soit près de 13 millions d'hectares», rappelle Jean-Louis Borloo. Agriculture et élevage sont les grands responsables, mais pas seulement : l'approvisionnement en bois de chauffe aux abords des grandes agglomérations est également une cause importante. «Certes, il y a des accords bilatéraux avec notamment des financements de la Banque mondiale, des Nations unies ou de l'AFD (Agence française de développement), mais la forêt est un enjeu mondial et il n'y a aucun pilote », ajoute le ministre de l'Écologie.

«Les besoins sont énormes, nous devons définitivement changer d'échelle», souligne de son côté Henri Djombo, le ministre du Développement durable de la République du Congo (Brazzaville). «Il faudra plusieurs milliards pour simplement établir une bonne connaissance de la ressource et établir des inventaires», assure-t-il.

Comment répartir les sommes ? Quel organisme sera en charge de leur gestion ? Faut-il prévoir un fonds pour la seule forêt ou au contraire intégrer cette dernière dans ce qui, à terme, doit devenir un grand «fonds vert», les pays développés s'étant engagés sur un financement annuel international de 100 milliards de dollars à partir de 2020 ? Toutes ces questions seront donc discutées aujourd'hui, et bien d'autres, sous-jacentes. Partout dans le monde la forêt soulève des questions de propriété, les titres étant souvent inexistants. Et dans certains pays, on ne peut échapper aux questions de corruption…

S'il ne faut sans doute pas s'attendre à de grandes décisions à l'issue de la journée, tant le sujet est vaste et compliqué, quelques participants veulent y voir une relance des négociations après l'échec de décembre. «Il n'y a plus rien eu depuis Copenhague», insiste Jose Endundo, le ministre de l'Environnement de la République démocratique du Congo. «Des avancées concrètes sur la forêt sont indispensables pour empêcher le scepticisme de s'installer», renchérit Carlos Minc, le ministre brésilien de l'Environnement. La prochaine réunion sur le sujet est prévue dans quelques semaines à Oslo. Une étape sur la route de la prochaine conférence sur le climat qui se tiendra au Mexique en décembre prochain.

Forêts et changement climatique



Les forêts jouent un rôle important dans l'atténuation du changement climatique et constituent un immense puits de carbone. Lorsqu'une forêt est abattue et convertie à d'autres utilisations, le carbone est alors relâché dans l'atmosphère.



"Le recul du taux de déforestation et la création de nouvelles forêts ont contribué à abaisser le niveau élevé d'émissions de carbone issues de la déforestation et de la dégradation des forêts", souligne Mette Løyche Wilkie, la Coordonnatrice de l'Evaluation (FAO).



"Mais nous devons regarder vers l'avenir car les grands programmes de plantation en Chine, Inde et Viet Nam, représentant l'essentiel des gains récents de terres boisées, devraient s'achever en 2020. Cela signifie que nous disposons d'une petite fenêtre d'opportunité pour mettre en place des mesures efficaces et permanentes de réduction des taux actuels de déforestation et de dégradation des forêts. Faute de quoi, nous risquons d'assister au brusque retour des taux élevés de pertes nettes de forêts et des émissions de carbone forestier des années 90", ajoute-t-elle.





Principales conclusions

• Les forêts primaires représentent 36 pour cent des superficies boisées totales de la planète, mais ont perdu plus de 40 millions d'hectares depuis 2000, due en grande partie à la transformation des forêts primaires en "autres forêts naturellement régénérées» à cause de la coupe sélective ou d'autres interventions humaines.

• Les superficies boisées dans les parcs nationaux, les zones de réserves naturelles et autres aires protégées ont augmenté de plus de 94 millions d'hectares depuis 1990. Elles s'établissent désormais à 13 pour cent de la superficie forestière totale.

• Les forêts constituent un des principaux puits de carbone au monde. Elles emmagasinent quelque 289 gigatonnes (Gt) de carbone dans les arbres et la végétation. La quantité de carbone stockée dans la biomasse forestière, le bois mort, la litière et le sol est supérieure à l'ensemble du carbone présent dans l'atmosphère. A l'échelle mondiale, les stocks de carbone dans la biomasse forestière ont reculé d'environ 0,5 Gt par an durant la période 2000-2010, essentiellement du fait d'une réduction de la superficie boisée totale.

• Feux, ravageurs et maladies créent des dégâts croissants aux forêts dans certains pays. En moyenne, un pour cent de toutes les forêts serait touché de façon significative chaque année par les incendies. Les attaques d'insectes forestiers endommagent quelque 35 millions d'hectares de forêt tous les ans. Durant la dernière décennie, les forêts ont également payé un lourd tribut aux phénomènes météorologiques extrêmes tels que tempêtes, blizzards et séismes.

• Depuis 2000, 76 pays ont formulé ou actualisé leurs politiques forestières et 69 pays - pour l'essentiel en Europe et en Afrique - ont promulgué des lois forestières ou amendé leurs législations depuis 2005.

• La collecte des données pour l'Evaluation des ressources forestières mondiales est de plus en plus exhaustive et précise. De nouvelles données et informations sur le boisement et l'expansion naturelle des forêts recueillies au cours des 20 dernières années ont permis d'estimer de façon plus rigoureuse les taux de déforestation et les pertes naturelles. A cet égard, la nouvelle estimation mondiale se référant à la période 1990-2000 (près de 16 millions d'hectares par an) est supérieure aux prévisions antérieures (13 millions ha), car elle comprend désormais la déforestation dans les pays qui ont affiché un gain net global de superficies boisées.





Sources principale:



- Etude FAO 2010

- Rapport UNESCO Juillet 2010

- Le Monde 25 mars 2010

- Le Figaro 22 avril 2010


Francois grosdidier

FRANCOIS GROSDIDIER

Président du Think Tank Valeur écologie, Sénateur-Maire de la Moselle


Les menaces qui pèsent sur la santé et l'environnement, le climat et la biodiversité, concernent tous les citoyens et tous les responsables. L'écologie n'est ni de gauche, ni de droite. Les deux plus graves catastrophes écologiques, Tchernobyl et la mer d'Aral, sont le résultat du collectivisme, pas du capitalisme. Cela n'empêche pas les Etats-Unis et et leur modèle d'avoir une responsabilité écrasante dans le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources naturelles. Si l'écologie n'appartient pas à la droite, elle répond cependant à des principes de la droite dont je me revendique: -la notion de responsabilité, individuelle comme collective, identifiée et assumée et, le cas échéant récompensée ou sanctionnée. -l'idée conservatrice au sens noble, c'est à dire la conscience du devoir de léguer à nos descendants le patrimoine que nous ont légués nos ascendants.

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