Valeur écologie
Les invités et les
petits-déjeuners
Serge lepeltier - Président de Valeur écologie
SERGE LEPELTIER
Président de Valeur écologie
Ancien Ministre de l’Ecologie
et du Développement Durable

S’il fallait résumer le principal objectif du Gouvernement auquel j’ai eu l’honneur d’appartenir, cela pourrait être ainsi : « Réconcilier Ecologie et Economie ».

En effet, au cours du XIXème siècle et de la plus grande partie du XXème siècle, le développement économique s’est fait contre l’Ecologie. Le développement économique devant se poursuivre ( qui oserait penser que nous accepterions de ne plus nous développer voire de régresser ? Ce serait une vision idéologique qui tomberait dès sa confrontation aux réalités), nous devons faire preuve d’ingéniosité pour concilier ces deux domaines.

 

Canons à neige

Au lieu de s’attaquer au problème du réchauffement climatique, l’homme préfère réinventer le froid et accentuer la dégradation du climat.
Plus de la moitié des stations de ski en France sont équipées de canons à neige, soit plus de 4000 hectares d’enneigement artificiel.

Même les glaciers reçoivent des canons pour implanter le ski sur plusieurs saisons.

Canons à neige : machines à polluer, machines à danger !

Quels impacts sur l’environnement ?

  • Surconsommation d’eau au moment où cette eau devient de plus en plus rare.
  • Risques sur la santé dus à l’utilisation sans contrôle de produits chimiques avec additifs dans la fabrication de la neige artificielle.
  • Perturbation du cycle végétal mettant en cause la diversité biologique et la nature montagnarde.

Arrêtons cette course insensée et irréfléchie à la destruction de notre environnement.

Loin du postulat de départ présentant les canons à neige comme un moyen efficace de pallier le manque de neige naturelle des stations de basse et moyenne altitudes, cette pratique se généralise. L’idée de faciliter le seul retour des skieurs au pied des pistes est bien dépassée !

Or les conséquences des canons à neige peuvent être extrêmement graves pour l’Homme et l’Environnement.

Comment fonctionnent les canons ?
La neige de culture est obtenue par pulvérisation puis cristallisation de fines gouttelettes d’eau dans l’air froid ambiant. Mais pour produire de la neige à des températures au-dessus de 0°C et de plus en plus élevées, des additifs sont utilisés (cristaux d’argent, silice ou bactéries irradiées).


Les impacts sur l’environnement
L’eau de plus en plus rare vient à manquer

L’alimentation des canons nécessite de grandes quantités d’eau, prélevées dans les ressources superficielles ou souterraines, le réseau d’eau potable ou les retenues d’eau artificielles. En hiver, le débit des cours d’eau de montagne est faible.

Il faut donc construire des retenues artificielles qui stockent l’eau mais qui ont de graves inconvénients. Ces lacs artificiels au fond recouvert d’une bâche en plastique viennent défigurer et modifier les paysages. Les questions de sécurité ne doivent pas être écartées. En cas de rupture, de glissement ou d’éboulement faisant déborder ces retenues collinaires, les conséquences sur les villages en aval seraient dramatiques. Certaines retenues contiennent plus de 300.000 M3 d’eau.

4000 M3 d’eau sont consommés à l’hectare par les canons à neige alors que le maïs qui est l’une des cultures les plus consommatrices d’eau n’est qu’à 1700 M3 par hectare !!!

Une commune de Haute-Savoie a vu une telle dégradation de la qualité de ses eaux que les prélèvements pour enneigement ont dû être stoppés. Dans une autre, un projet de retenue collinaire a été bloqué, il aurait privé d’eau les communes de piémont.

  • Des risques pour la Santé
    L’utilisation d’additifs comme les cristaux d’argent ou les protéines bactériennes irradiées permet de produire de la neige à des températures plus élevées. De nombreuses stations françaises ont recours à ce système alors que plusieurs pays l’ont interdit ou réglementé. Le propre fabricant de la protéine bactérienne reconnaît que son produit constitue un milieu de culture favorable aux germes pathogènes.
     
  • La végétation bouleversée
    Fabriquée avec une eau chargée en nutriments, en matières organiques et en polluants (protéines bactériennes irradiées), la neige artificielle cause un déséquilibre dans la composition du sol et perturbe le développement d’espèces végétales typiques des milieux montagnards.

    Plus compacte que la neige naturelle, la neige artificielle fond moins vite et affecte l’agriculture pastorale (prairies plus tardives).
      
  • Le paysage
    Les canons à neige d’une douzaine de mètres de hauteur et dont l’utilité reste le plus souvent à démontrer s’ajoutent aux équipements existants et défigurent le paysage à l’année.

Que dire enfin des conséquences sur l’homme et les animaux ? Quels effets aura cette neige de culture sur le long terme ? Que des sujets encore mal maîtrisés et qui pourtant n’interpellent que peu la population et les autorités.

A quand une vraie réglementation ?
Aucune réglementation ne s’applique spécifiquement aux installations de neige artificielle. Celles-ci relèvent de fait de plusieurs d’entre elles : loi sur l’eau (retenues collinaires et prélèvements dans un milieu naturel), installations classées (construction de l’usine, compresseurs), sécurité publique (retenues collinaires), loi sur les études d’impact si l’installation dépasse un certain seuil et des règles spécifiques d’urbanisme (travaux divers, permis de construire…) rendant inextricable leur application.

Francois grosdidier

FRANCOIS GROSDIDIER Secrétaire général de
Valeur écologie
Député de la Moselle
Maire de Woippy
Président de la fédération
des maires de Moselle

Les menaces qui pèsent sur la santé et l'environnement, le climat et la biodiversité, concernent tous les citoyens et tous les responsables. L'écologie n'est ni de gauche, ni de droite. Les deux plus graves catastrophes écologiques, Tchernobyl et la mer d'Aral, sont le résultat du collectivisme, pas du capitalisme. Cela n'empêche pas les Etats-Unis et et leur modèle d'avoir une responsabilité écrasante dans le réchauffement climatique et l'épuisement des ressources naturelles. Si l'écologie n'appartient pas à la droite, elle répond cependant à des principes de la droite dont je me revendique:

-la notion de responsabilité, individuelle comme collective, identifiée et assumée et, le cas échéant récompensée ou sanctionnée.

-l'idée conservatrice au sens noble, c'est à dire la conscience du devoir de léguer à nos descendants le patrimoine que nous ont légués nos ascendants.

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